Il ne s'agit pas du journal, mais d'une introduction.
Bonne lecture !
En cet après-midi de juillet, quelque rare promeneur qui n'aurait pas été terrassé par la chaleur étouffante, aurait pu voir passer, sur une petite route de campagne peu fréquentée, cette voiture flambant neuf, dont le conducteur rougeaud arborait une impressionnante moustache. A l'arrière, un adolesccent au cheveux noir et à l'oeil vert était affalé sur la banquette, ou du moins sur l'espace qui n'en était pas occupé par l'impressionnante masse corporelle de son cousin Dudley.
Harry Potter était occupé à ressasser de sombres pensées qui l'obsédaient depuis près d'un mois. Un mois qu'il avait passé chez les Dursley. En fait, il se serait bien passé de cet ultime séjour au 4, Privet Drive. Mais Dumbledore l'avait voulu.
Dumbledore... Ses yeux se mirent à le piquer. Il ne parvenait pas à se débarrasser de la vision de ce visage impassible. Harry n'avait pas... Il aurait dû... Mais pleurer ne servirait à rien. Il fallait faire face.
Harry ravala son chagrin et se hâta de se tourner vers des considérations plus joyeuses.
"Joyeuses", n'était pas tout à fait exact.
Les Dursley avaient tenu à le trainer chez la très vieille Mrs Evans. Celle-ci habitait dans un bourd minuscule, qui concourait largement dans la catégorie "trou perdu". Harry ne l'avait jamais rencontrée, car par le passé, son oncle et sa tante s'étaient toujours arrangés pour l'envoyer croupir chez Mrs Figgs quand ils allaient la voir.
Mais Harry n'éprouvait aucune curiosité à l'égard de sa propre grand-mère.
Il ne se demandait pas si, contrairement à sa famille adoptive, elle aurait ne serait-ce qu'une miette d'affection pour lui.
Il avait juste l'impression d'un grand vide. Un vide avec des cheveux roux vif, des tâches de rousseur et de grands yeux brun chaud qui brillaient.
Ginny.
Harry avait profité de l'inattention générale pour s'éclipser au beau milieux d'une discussion très ciblée sur la jeunesse délinquante, et dont il était le principale objet.
Il monta quatre à quatre les escaliers en soupirant. Il s'était avéré que Mrs Evans n'éprouvait pas la moindre affection pour lui. Au fils des années, elle avait fini par se convaincre qu'Harry était le responsable de la mort de sa fille. A cette pensée, Harry eut un autre soupir. Il pénétra dans le grenier en se cognant la tête contre le haut de la porte, avec un craquement sourd accompagné d'une douleur lancinante. Maugréant et massant sont crâne douloureux, il se laissa tomber dans un coin de la pièce. La lumière entrait dans les trous de la toiture, faisant apparaître un capharnaüm indescriptible maculé d'une épaisse couche de poussière. Harry aimait se réfugier ici, c'était à peu près le seul endroit de la vieille bâtisse où il pouvait échapper aux regards critiques de sa grand-mère.
La jeune homme s'installa dans un position plus confortable, croisa ses longs doigts sous sa nuque et se mit à rêvasser. La chaleur lui donnait envie de somnoler. Bien malgré lui, il ferma les yeux...
Harry s'éveilla en sursaut. Combien de temps avait-il dormi ? Il s'était assoupi sans s'en rendre compte... Ses lunette avaient glissé le long de son nez, et étaient tombées sur le plancher à côté d'un coffret de bois brun. Celui-ci, sans qu'Harry puisse dire pourquoi, attira son attention. Harry chaussa ses lunettes, cligna des yeux et reporta son attention sur l'objet en question. Sur le couvercle, brillait en lignes d'or le blason de Gryffondor.
